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Bouteilles de gaz à bord du camping-car : ce que dit la réglementation

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Le gaz d'un camping-car doit respecter la norme EN 1949, imposée par un arrêté depuis 2012. Aucun texte consulté n'impose en France de contrôle périodique de l'installation, et le contrôle technique ne vérifie que le GPL carburant. Des constructeurs demandent pourtant une vérification au moins tous les deux ans. Les bouteilles restent debout et attachées dans un coffre ventilé, robinet fermé en ferry.
Bouteille de gaz composite, posée près d'un véhicule.

La réglementation des bouteilles de gaz en camping-car tient surtout dans une norme : l’installation doit être conforme à l’EN 1949 dès sa construction ou sa transformation. Ensuite, aucun texte consulté n’impose en France de contrôle périodique. La sécurité repose donc sur l’entretien, les notices et quelques règles des transporteurs.

Quels textes encadrent le gaz à bord ?

Un arrêté du 7 juin 2002, modifié en 2012, vise les risques d’incendie, d’explosion et d’asphyxie dans les véhicules habitables de loisirs. Il couvre les caravanes et les autocaravanes. Depuis le 1er juillet 2012, leurs installations de gaz domestique doivent être conformes aux normes listées en annexe.

Ces normes sont l’EN 1949, pour l’installation au GPL, et l’EN 721, pour la ventilation de sécurité. Elles ont remplacé l’ancienne norme française NF S 56-200. L’EN 1949 a été révisée en 2021.

Deux autres règles comptent :

  • le chauffage des autocaravanes doit respecter le règlement ONU n° 122, y compris un chauffage ajouté plus tard ;
  • un fourgon transformé en camping-car passe par une réception à la DREAL, qui demande un certificat de conformité EN 1949 et EN 721. Si les travaux ne sont pas faits par un professionnel, un organisme agréé l’établit, comme Qualigaz ou Bureau Veritas. Voir notre page sur l’homologation VASP.

Le contrôle du gaz du camping-car est-il obligatoire ?

Aucun des textes consultés pour cette page n’impose de contrôle périodique de l’installation gaz d’un camping-car de particulier. Les instructions du contrôle technique consultées ne prévoient pas non plus de contrôle du gaz de la cellule. Leurs recherches de fuite de gaz concernent seulement les véhicules équipés d’un réservoir de gaz carburant, ceux qui roulent au GPL ou au GNC.

Des constructeurs, eux, demandent un contrôle. Le manuel de LMC prévoit de faire vérifier l’alimentation en gaz au moins tous les deux ans par un atelier agréé. Il ajoute une vérification d’étanchéité après une immobilisation de dix mois ou plus. Le manuel précise que cette règle vaut aussi pour les véhicules non homologués, et renvoie aux règles locales.

Lisez le carnet d’entretien de votre véhicule : il donne la fréquence voulue par votre constructeur.

Le coffre à bouteilles : les règles de base

Le propane et le butane sont plus lourds que l’air. Une fuite descend et s’accumule au point bas : c’est pour cela que le coffre est ventilé par le bas. Le manuel de LMC donne ces consignes :

  • placer les bouteilles toujours dans le coffre prévu, debout, et bien les fixer ;
  • garder les robinets des bouteilles accessibles ;
  • ne pas utiliser le coffre comme rangement ;
  • ne jamais couvrir ni boucher l’aération du coffre ;
  • fermer le coffre à clé pour en interdire l’accès.

Sur un fourgon aménagé, les listes de contrôle tirées de l’EN 1949 demandent aussi un coffre étanche côté habitacle et aucun câble électrique qui le traverse. Les cotes exactes, comme la surface de la grille, sont dans la norme, qui est payante : l’organisme de contrôle les vérifie.

Butane ou propane ?

Le butane ne reste gazeux qu’au-dessus de 0 °C environ. Le propane l’est jusqu’à −42 °C. Le manuel de LMC déconseille donc le butane en hiver : le chauffage et le chauffe-eau ont besoin d’un gaz qui reste gazeux par grand froid.

Détendeur et flexible : vérifier les dates

Le détendeur ramène la pression de la bouteille à 30 mbar, la pression des appareils d’un camping-car. Le flexible, appelé aussi lyre, relie la bouteille au détendeur.

PièceQuand la vérifierQuand la remplacer
Flexible (lyre)À chaque changement de bouteille : ni poreux ni fendilléDès qu’il est abîmé, au plus tard à la fin de sa durée d’utilisation
DétendeurLors de chaque contrôle gaz, avec un test d’étanchéitéAvant dix ans après sa date de fabrication, conseillé par Truma pour ses modèles
Joint plat du raccordLors du remplacement de la lyreÀ chaque remplacement de la lyre, conseillé par Truma

Le manuel de LMC demande de serrer le raccord à la main, sans outil, car le filetage est à gauche. Truma livre son MonoControl CS avec une aide au vissage, à utiliser à la place d’un outil. Avec un détendeur à capteur de choc, Truma impose une lyre haute pression munie d’une sécurité de rupture.

Peut-on rouler avec le gaz ouvert ?

Seulement avec un équipement prévu pour. La notice Truma rappelle que le règlement ONU n° 122 prévoit un dispositif d’arrêt de sécurité pour chauffer en roulant. Ce peut être un détendeur à capteur de choc, qui coupe le gaz en cas d’accident.

Selon la notice Truma, la France n’autorise le gaz en roulant que sur les véhicules homologués mis en circulation après le 1er janvier 2007. Sur les plus anciens, c’est interdit, même avec ce dispositif.

Sans ce type de détendeur, fermez avant de partir le robinet de la bouteille et les vannes des appareils. N’utilisez jamais d’appareil à gaz pendant le plein de carburant, sur un ferry ou dans un parking souterrain.

Gaz à bord en ferry et dans le tunnel sous la Manche

Chaque transporteur fixe ses règles. Deux exemples, relevés en novembre 2026 :

TransporteurQuantité admiseAutres conditions
Le Shuttle (tunnel sous la Manche)47 kg par bouteille au plus, 50 kg par véhicule s’il y a plusieurs récipientsDéclarer le gaz ; appareils éteints ; véhicules roulant au GPL interdits
Irish Ferries47 kg de gaz par véhicule, environ 4 bouteillesArrivée de gaz fermée toute la traversée

Chez Le Shuttle, une bouteille vide ou entamée compte comme pleine, sauf si elle a été purgée. Lisez les conditions de votre compagnie avant de réserver.

Détecteurs de gaz et de monoxyde de carbone

Aucun des textes cités ici n’impose de détecteur dans un camping-car de particulier. Deux appareils différents existent : le détecteur de gaz repère une fuite de propane ou de butane, le détecteur de monoxyde de carbone signale un gaz de combustion. Notre page sur l’alarme de camping-car revient sur ces détecteurs.

Le monoxyde de carbone est un risque sérieux dans une cellule fermée. L’Anses cite le camping-car parmi les espaces clos où brasero, barbecue et groupe électrogène sont à proscrire. Les premiers signes d’intoxication sont des maux de tête, une grande fatigue, des nausées ou des vertiges.

Si vous les ressentez près d’un appareil à combustion : aérez, arrêtez l’appareil, sortez du véhicule. Appelez le 15, le 18 ou le 112, ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes.

En cas d’odeur de gaz

  • Éteignez tous les appareils à gaz et fermez le robinet de la bouteille.
  • Ne fumez pas, n’allumez ni flamme ni lampe, ne touchez pas aux interrupteurs.
  • Ouvrez portes et fenêtres pour aérer.
  • Ne rouvrez pas le gaz avant une réparation par un professionnel.

Les erreurs à éviter

  • Bricoler soi-même l’installation : selon LMC, toute modification fait perdre la validité de l’attestation de contrôle d’origine.
  • Garder une lyre craquelée « jusqu’à la prochaine bouteille ».
  • Ranger des affaires dans le coffre à gaz ou boucher sa grille.
  • Partir en hiver avec du butane.
  • Cuisiner sans aérer : ouvrez le lanterneau avant d’allumer le réchaud.

Sources

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